Déni de grossesse : état sournois, accouchement surprise !

Après avoir pris conscience du fait qu’elles sont effectivement enceintes, il suffit juste de quelques heures, jours ou encore semaines pour que certaines (jeunes) filles/femmes puissent avoir le ventre arrondi en plus de manifester tous les autres signes relatifs à une grossesse (Photo : Dr)

En position assise sur une rampe avec un ami dans cette petite ruelle de la cité dénommée « Belles fleurs » située précisément à Angré, les Oscars dans la commune de Cocody à Abidjan, il avait aperçu de loin une silhouette qu’il devait connaître plus ou moins mais bon, ayant au départ hésité à la reconnaître vu que cela faisait quelques années maintenant qu’il ne l’avait plus revue, c’est lorsqu’elle était toute proche de lui qu’il a enfin pu se rendre compte que c’était l’une de ses plus proches cousines avec qui, il avait passé une partie de son enfance à Bouaké, une ville du centre de la Côte d’Ivoire.

« Elle était en compagnie d’une autre jeune fille qui devait être l’une de ses copines. Lorsqu’elle m’a reconnu, elle m’a juste dit « bonsoir » d’une manière que j’ai trouvée assez froide », révèle Paul avant de rétorquer qu’il a également salué en retour mais qu’ils n’ont pas eu le temps de converser vu qu’apparemment, elle était venue rendre visite à sa copine et qu’elles donnaient l’impression d’être attendues ailleurs toutes les deux (2).  « A l’approche de la trentaine d’âge à cette époque, ma cousine avait porté un haut blanc et un jean serré (…) Elles étaient pressées de sortir du quartier mais après m’avoir rapidement salué d’une voix plutôt ferme, j’ai aussi remarqué qu’elle avait les cheveux tressés, la peau vraiment terne, le visage fermé et qu’elle donnait l’impression d’avoir plutôt l’air d’être fatiguée », poursuit-il tout en précisant qu’il a surtout pensé qu’elle avait peut-être fait une virée avec d’autres copines la veille, ce qui aurait pourquoi pas justifié ce ressenti à l’égard de sa cousine.

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C’est ce qui a été fait au père de Paul et à la famille tout entière un peu plus de trois (3) mois plus tard après la rapide rencontre de Paul avec Florence sa cousine. En effet, elle a pu mettre au monde une petite fille alors qu’elle n’avait pas du tout le ventre arrondi lorsqu’ils s’étaient rencontrés. Pour Paul, cet accouchement reste une chose qu’il était bien loin d’imaginer même s’il reconnaît que sa cousine est une personne très extravertie. Du laps de temps qu’ils ont eu à passer ensemble surtout lorsque lui et sa famille sont arrivé(e)s à Abidjan à cause de la crise (socio/militaro) politique de 2002, cette attitude la mettait assez souvent en conflit avec son père, un ancien militaire. «  Il lui arrivait de lui porter main car étant donné qu’elle était orpheline de mère, il n’était pas question pour lui qu’elle puisse prendre un mauvais chemin par rapport à sa vie », appuie Paul tout en déplorant les traces de ceinture qu’il aurait tant de fois laissé sur la peau de sa cousine à chaque fois qu’il la battait. A l’en croire, c’est peut être cette enfance assez éprouvante pour Florence qui aurait justifié cet état même s’il admet que malgré le fait d’être extravertie, elle restait assez hermétique en ce qui concerne son intimité. Du coup, pas sûr qu’elle aurait reçu le soutien adéquat par rapport à son état surtout lorsqu’il était su de tous et de toutes qu’elle avançait difficilement dans ses études, ce qui aurait également impacté, d’une façon comme une autre,  son parcours professionnel par la même occasion.

Assistance

Contrairement à Florence, c’est ce dont Sidonie a bénéficié lorsqu’elle a été confrontée à un déni de grossesse à ses 17 ans d’âge. Encore élève à cette époque,  le plus difficile selon elle n’était pas le fait de faire un déni mais plutôt de bénéficier du soutien de sa famille et de son conjoint en ce qui concerne précisément cette situation. Pas du tout facile à accepter surtout par son père à l’annonce de cette nouvelle mais bon gré, mal gré, elle a finalement pu bénéficier de son soutien, de l’assistance de sa famille et de tous ses proches par rapport à son cas. « C’est à mon sixième mois que j’ai appris que j’étais enceinte d’un petit garçon à l’issue d’un contrôle à l’hôpital. La nouvelle a d’abord été difficile à encaisser pour mon père mais c’est lui-même qui a finalement incité toute ma famille à me soutenir durant cette période (…) Dans mon cas, mon conjoint étant connu de la famille, il m’a aussi soutenue, ce qui a vraiment facilité les choses », se réjouit-elle tout en exhortant davantage l’entourage des (jeunes) filles/femmes en proie à un déni à les soutenir plus que jamais afin que tout puisse bien se passer par rapport à leur(s) grossesse(s).

Emmanuelle YOMAN avec Jean-Paul DEMOUSS

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