Hépatite(s) virale(s): Docteur Nanko Tonda Josué, Médecin : « La vaccination, lorsqu’elle est disponible, reste un moyen très efficace de prévention, notamment contre l’hépatite B. »

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Dans cette interview, Docteur Nanko Tonda Josué présente quelques particularités relatives aux hépatites virales. Il profite également de l’occasion pour insister davantage sur les mesures préventives en ce qui concerne ces inflammations du foie occasionnées par ces différents virus (A, B, C, D, E).

Docteur, que faut-il déjà entendre par ‘’hépatite(s) virale(s)’’ ?

Les hépatites virales sont des maladies infectieuses dues à des virus qui provoquent une inflammation du foie. Il existe plusieurs types de virus responsables, notamment les virus des hépatites A, B, C, D et E. Dans notre contexte, les hépatites B et C sont les plus fréquemment rencontrées et ces hépatites constituent surtout un véritable problème de santé publique.

Quels sont les symptômes potentiellement associés à toutes ces hépatites virales de manière globale ?

Les hépatites virales sont très souvent silencieuses, surtout au début, ce qui explique l’importance du dépistage volontaire. Lorsqu’il y a des symptômes, on peut observer une fatigue intense, de la fièvre, des douleurs articulaires, des nausées ou une perte d’appétit. Dans certains cas, apparaît un ictère c’est‑à‑dire une coloration jaune de la peau et des yeux. À des stades plus avancés, des complications peuvent survenir comme l’ascite qui correspond à une accumulation de liquide dans l’abdomen.

Pour une personne lambda, quel(le)s sont les causes et/ou éventuels facteurs de risque d’être confrontée à tous ces symptômes ?

Les modes de transmission varient selon le type d’hépatite. L’hépatite A se transmet principalement par voie digestive, à travers l’eau ou les aliments contaminés. Les hépatites B et C se transmettent surtout par le sang, les rapports sexuels non protégés et de la mère à l’enfant. Dans notre environnement, ce sont surtout les hépatites B et C qui sont les plus fréquemment rencontrées.

Si rien n’est fait à temps pour les circonscrire rapidement, quelles sont les complications pouvant résulter des symptômes associés à toutes ces hépatites virales ?

Chaque hépatite virale a son évolution propre. L’hépatite B est particulièrement préoccupante car cette hépatite peut évoluer vers une forme chronique. Même si certaines personnes guérissent spontanément, l’hépatite B chronique peut entraîner des complications graves comme la fibrose, la cirrhose et le cancer du foie. Ces complications sont souvent irréversibles. À un stade très avancé, la greffe du foie peut être la seule option thérapeutique mais cette intervention chirurgicale reste difficile d’accès dans notre contexte en raison de son coût et de sa disponibilité limitée.

Pour ne pas en arriver là, quelle est la démarche vous permettant de confirmer une quelconque hépatite virale au niveau d’une personne y étant potentiellement concernée ?

Il est impossible de poser un diagnostic d’hépatite virale uniquement à l’examen clinique. C’est pourquoi le dépistage volontaire est essentiel, notamment à travers les campagnes organisées par les autorités sanitaires. Lorsqu’un(e) patient(e) présente des facteurs de risque ou des symptômes évocateurs, des examens biologiques, en particulier des analyses sanguines, sont réalisés afin de confirmer la présence d’une hépatite virale et d’en préciser le type.

Qu’en est-il de la prise en charge, du traitement et du suivi en ce qui concerne chacune de ces hépatites virales ?

L’hépatite A guérit le plus souvent spontanément sans traitement spécifique. Pour l’hépatite B, certaines formes aiguës guérissent seules mais les formes chroniques nécessitent un suivi médical régulier et parfois un traitement antiviral. L’hépatite C dispose aujourd’hui de traitements très efficaces. Dans tous les cas, il est recommandé d’éviter tout ce qui peut agresser le foie, notamment l’alcool, l’automédication et certains produits traditionnels.

A un tel niveau, quelles attitudes doivent donc adopter la personne concernée tout comme l’entourage de cette personne afin de faire face à cette situation ?

La personne atteinte doit adopter des mesures pour éviter la transmission, notamment en ne partageant pas d’objets personnels et en informant ses partenaires sexuels afin qu’ils puissent se faire dépister et se protéger. L’entourage doit éviter toute stigmatisation ou exclusion, car ces maladies ne se transmettent pas par les contacts sociaux courants. La vaccination, lorsqu’elle est disponible, reste un moyen très efficace de prévention, notamment contre l’hépatite B.

Interview réalisée par Cédric KOIVOGUI avec Emmanuelle YOMAN

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