Prévention des calculs rénaux : Docteur Nanko Tonda Josué, Médecin : « Il est également conseillé de limiter l’excès de sel et d’avoir une alimentation équilibrée…»

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Dans cette interview, Docteur Nanko Tonda Josué insiste davantage sur les subtilités relatives aux calculs rénaux. Il profite aussi de l’occasion pour rappeler, encore une fois, les mesures à adopter afin de prévenir voire faire face à cette maladie.

Docteur, que pouvez-vous d’emblée nous dire au sujet des calculs rénaux ?

Les calculs rénaux sont des petits amas solides ressemblant à des cailloux qui se forment à l’intérieur des reins lorsque certaines substances présentes dans les urines deviennent trop concentrées et se cristallisent. Ces calculs peuvent être très petits, parfois comme des grains de sable, mais certains peuvent atteindre une taille importante. Tant qu’ils restent dans le rein, ils peuvent ne provoquer aucun symptôme. En revanche, lorsqu’un calcul descend dans l’uretère, le petit canal qui relie le rein à la vessie, ce calcul peut provoquer une douleur très intense appelée colique néphrétique. Les calculs sont assez fréquents et peuvent récidiver chez une même personne. Le fait d’avoir déjà eu un calcul augmente donc le risque d’en refaire, ce qui rend la prévention particulièrement importante.

Qu’est ce qui provoque l’apparition de ces calculs rénaux au niveau de la personne potentiellement concernée par cette maladie ?

Il n’existe pas une seule cause. Les calculs apparaissent généralement lorsqu’il existe un déséquilibre entre les substances qui peuvent former des cristaux et les éléments qui empêchent normalement leur formation. Le manque d’eau est l’un des principaux facteurs. Lorsque l’on boit insuffisamment, les urines deviennent plus concentrées et les cristaux se forment plus facilement. D’autres facteurs peuvent intervenir : une alimentation très riche en sel, une consommation excessive de certaines protéines animales, certains déséquilibres alimentaires, le surpoids, certaines maladies ou troubles du métabolisme, ainsi que des antécédents familiaux de calculs. Certains médicaments et certaines maladies peuvent également favoriser des calculs. Il existe plusieurs types de calculs, les plus fréquents étant ceux constitués principalement d’oxalate de calcium.

Quels sont les signes généralement associés à l’apparition des calculs rénaux au niveau de cette personne ?

Un calcul peut ne provoquer aucun symptôme, surtout lorsqu’il reste dans le rein. Lorsqu’il se déplace vers l’uretère, le signe classique est une douleur brutale et très intense, généralement située dans le bas du dos ou sur le côté, sous les côtes. Cette douleur peut descendre vers le ventre, l’aine ou les organes génitaux. Elle survient souvent par crises et la personne a parfois du mal à trouver une position qui la soulage. On peut aussi observer des nausées ou des vomissements, une envie fréquente d’uriner, des douleurs ou brûlures en urinant et parfois du sang dans les urines. Une fièvre ou des frissons associés à une douleur évoquant un calcul doivent cependant être considérés comme un signe d’alerte, car ils peuvent traduire une infection urinaire sur obstacle.

Quelles sont les complications qui peuvent en résulter si rien n’est fait à temps afin de circonscrire tous ces signes ?

La plupart des petits calculs finissent par être éliminés spontanément, mais un calcul qui bloque l’écoulement des urines peut devenir sérieux. Le principal danger est l’association entre une obstruction urinaire et une infection. Dans cette situation, l’infection peut rapidement devenir grave et se propager dans tout l’organisme, avec un risque de sepsis. Une obstruction prolongée peut également entraîner une dilatation du rein et, dans certaines situations, une altération de son fonctionnement. Si les deux (2) reins sont concernés, ou si la personne n’a qu’un seul rein fonctionnel, le risque d’insuffisance rénale est particulièrement important. Il faut donc consulter rapidement en cas de douleur intense accompagnée de fièvre, de frissons, de malaise, de vomissements persistants, d’une difficulté à uriner ou d’une diminution importante des urines.

Pour ne pas en arriver là, quelle est la démarche vous permettant de conformer qu’une personne souffre effectivement de calculs rénaux ?

Le diagnostic commence par l’interrogatoire et l’examen clinique. Le médecin recherche notamment les caractéristiques de la douleur, les signes urinaires, la fièvre et les antécédents de calculs. Des analyses d’urines et parfois une prise de sang peuvent être nécessaires pour rechercher du sang dans les urines, une infection et évaluer le fonctionnement des reins. L’imagerie permet ensuite de confirmer la présence du calcul et de préciser sa localisation, sa taille et son éventuel retentissement sur le rein. Selon la situation, une échographie peut être utilisée en première intention. Le scanner des voies urinaires sans injection est l’examen le plus précis dans de nombreuses situations, notamment lorsqu’il faut confirmer rapidement le diagnostic. Le choix de l’examen dépend du contexte, de l’âge, de la grossesse éventuelle et de la gravité des symptômes.

Qu’en est-il de la prise en charge, du traitement et du suivi de cette personne ?

Le traitement dépend principalement de la taille et de la localisation du calcul, de l’intensité des symptômes, de l’existence ou non d’une obstruction et surtout de la présence éventuelle d’une infection. Pour un petit calcul qui a de bonnes chances de s’éliminer spontanément, une surveillance médicale peut être proposée, avec une prise en charge de la douleur et des conseils adaptés. Certains traitements peuvent également faciliter l’élimination de certains calculs, selon leur localisation et la situation du/de la patient(e). Lorsque le calcul est trop gros, ne s’élimine pas, provoque une obstruction importante, des douleurs persistantes ou des complications, une intervention peut être nécessaire. Elle peut notamment consister à fragmenter le calcul ou à le retirer par voie endoscopique. Dans certaines situations, une autre technique urologique est utilisée. En cas d’infection associée à un rein obstrué, la situation devient une urgence : il faut rapidement permettre l’écoulement des urines, en plus du traitement de l’infection. Après un épisode, le suivi est important, surtout chez les personnes qui récidivent. L’analyse du calcul lorsqu’il a été récupéré, ainsi qu’un bilan adapté dans certains cas, permettent de rechercher la cause et de mieux prévenir les récidives.

Quelles attitudes doivent adopter la personne concernée tout comme l’entourage de cette personne afin de faire face à cette situation ?

La première attitude est de ne pas banaliser une douleur intense du flanc ou du bas du dos, surtout lorsqu’elle est accompagnée de signes urinaires. La personne doit consulter rapidement si la douleur est importante, si elle ne cède pas, si elle vomit de façon répétée ou si elle présente de la fièvre ou des frissons. La présence de fièvre avec une douleur évoquant une colique néphrétique est particulièrement préoccupante. Il ne faut pas prendre de médicaments au hasard, notamment lorsque l’on ne connaît pas l’état des reins ou que la personne prend déjà d’autres traitements. L’entourage peut aider en surveillant l’apparition de signes d’aggravation, en facilitant l’accès aux soins et en respectant les consignes données par le/la professionnel(le) de santé. Une fois la crise passée, il est également important d’aider la personne à appliquer les mesures de prévention afin de réduire le risque de récidive.

Que faut-il faire afin d’éviter d’être confronté(e), d’une façon comme une autre, à des calculs rénaux ?

La mesure la plus importante est de boire suffisamment d’eau tout au long de la journée afin de produire des urines suffisamment abondantes. Les besoins varient selon la personne, la chaleur, l’activité physique et certaines maladies. Une urine très foncée de façon habituelle peut être un signe que l’on ne boit pas assez. Il est également conseillé de limiter l’excès de sel et d’avoir une alimentation équilibrée. Il ne faut pas supprimer systématiquement le calcium alimentaire : un apport alimentaire normal en calcium peut au contraire contribuer à réduire l’absorption digestive de l’oxalate. Il est préférable d’éviter les excès alimentaires, notamment les quantités très importantes de protéines animales, et de maintenir un poids adapté. Chez les personnes qui ont déjà fait plusieurs calculs, une prévention personnalisée peut être nécessaire. Cette prévention peut comprendre l’analyse du calcul et, selon les cas, des analyses d’urines ou de sang afin d’identifier le facteur responsable. Enfin, toute personne ayant déjà eu un calcul doit rester attentive au risque de récidive : prévenir les calculs est souvent beaucoup plus simple que devoir traiter une nouvelle crise.

Interview réalisée par Emmanuelle YOMAN avec Cédric KOIVOGUI

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