
Âgées de plus d’une quarantaine d’années durant cette période, Élise et Christelle, des sœurs d’une fratrie de près d’une dizaine d’enfants, ont toutes les deux (2) été confrontées, en l’espace d’à peine quatre (4) ans, à un cancer du sein. Pire même pour Élise, la plus âgée, qui a été diagnostiquée de ce cancer juste une année avant Christelle, sa sœur cadette car elle a finalement quitté ce monde en 2018 des suites d’une complication liée à son cas…
Plus de chances par contre pour cette sœur cadette qui a débuté la chimiothérapie en Janvier 2016 juste après avoir été diagnostiquée, pour son cas, un mois avant à l’issue d’une échographie/ mammographie dans cet hôpital situé en plein cœur de la capitale malgache. « Pour mon cas, ce traitement a surtout consisté à m’injecter des substances chimiques dans le sang chaque 21 jours sur une période de trois (3) mois d’abord juste après le diagnostic », révèle Christelle avant de préciser que les spécialistes en la matière ont finalement décidé de lui retirer le sein droit à la suite de cette toute première phase du traitement. « Après qu’ils aient procédé à l’ablation de mon sein droit, j’ai dû encore subir des séances de chimio chaque 21 jours durant près de huit (8) mois cette fois-ci » ajoute cette mère de deux (2) enfants aujourd’hui âgée d’une cinquantaine d’années. A la question de savoir comment elle a pu faire face à pareille situation durant toute cette période, elle rétorque que ce traitement a vraiment été éprouvant aussi bien pour elle comme pour son mari, ses enfants, sa famille voire tous ses proches dans un sens beaucoup plus large. « Jusqu’au jour de l’injection, je restais assez forte plus moralement que physiquement mais le(s) jour(s) d’après, je me sentais vraiment affaiblie, je vomissais et je n’avais pas envie de manger. De jour en jour, je perdais mes cheveux. Ma peau était devenue terne, les ongles de mes doigts et de mes orteils avaient aussi noircis », précise Christelle tout en indiquant que pour son cas, elle ne sait quand même pas sentie vraiment seule malgré tout car elle a pu bénéficier du soutien de son entourage à chaque étape du traitement.
Conscience
C’est ce qu’il faut déjà avoir à l’esprit en ce qui concerne ce traitement qui peut être prescrit non seulement pour le cancer du sein mais aussi pour les autres types de cancer. Et ce, peu importe le genre (masculin comme féminin), l’âge et la situation sociale voire matrimoniale de la personne concernée. Pour en revenir au cas de Christelle, selon Méliane, sa grande sœur, il ne fallait pas perdre de temps car chaque minute compte en ce qui concerne la gestion efficiente de cette situation. « Contrairement à Élise (paix à son âme), la grande sœur de Christelle qui était ma petite sœur dont la gestion de son cas a été plus tardive, notre cadette a eu plus de chances car on n’a vraiment pas tardé à débuter ce traitement. C’était vraiment difficile mais nous y sommes parvenu(e)s, Providence divine aidant », confie cette médecin généraliste à l’aune de la soixante dizaine d’années d’âge avant d’être à nouveau rejointe par les propos de Christelle, sa petite sœur, sur les restrictions qu’elle doit encore suivre jusqu’à présent. « A l’heure actuelle, même si je n’ai pas vraiment de séquelles, les médecins m’ont conseillée de ne pas consommer trop de sucre, trop de sel et trop d’huile. De ne pas du tout stresser et de me référer à eux au moindre petit souci », souligne cette administrative civile de profession tout en continuant de se réjouir du soutien dont elle en est toujours l’objet malgré toutes ces années après ce moment difficile.
Assistance
Pour Nadya, cette épreuve reste une expérience beaucoup plus facile à supporter surtout lorsqu’on bénéficie du soutien de son époux et de tous ses proches par rapport à cette situation. « Pour me soutenir, mon mari s’était aussi coupé les cheveux et il a été à mes côtés, avec nos familles respectives, durant toute cette période », stipule cette humoriste / comédienne ivoirienne à la vingtaine révolue. Quant à Sophie, elle tient à rappeler que la chimiothérapie est juste un soin, pas le couloir de la mort. Même si voir une personne subir un tel traitement peut terrifier tous ceux et toutes celles qui sont autour d’elle, l’idéal reste de dépasser ce ressenti tout en maintenant l’assistance dont cette personne a besoin durant toute la période relative à ce traitement. « Aller en chimiothérapie c’est une chance, une chance de guérir. C’est un soin alors n’ayez pas peur de nous accompagner, d’être là, avec nous ! Et si vous ne pouvez pas être présent physiquement, envoyez un smiley, des fleurs, un dessin (…) mais surtout ne nous renvoyez pas l’image de quelqu’un au bord de la tombe », exhorte ainsi cette journaliste de profession à la soixantaine révolue.
Emmanuelle YOMAN avec Jean-Paul DEMOUSS