Acidocétose alcoolique : Docteur Nanko Tonda Josué, Médecin : « Il faut éviter de boire de l’alcool à jeun, bien s’alimenter avant et après avoir bu et limiter la consommation d’alcool de façon générale.»

Crédit Photo: Hashtag Studio

Docteur Nanko Tonda Josué révèle, dans cette interview, quelques détails relatifs à l’acidocétose alcoolique. Il profite également de l’occasion pour amener les un(e)s et les autres à faire beaucoup plus attention à cette complication surtout en cette période (pré) festive.

Docteur, que pouvez-vous déjà nous dire au sujet de l’acidocétose alcoolique ?

L’acidocétose alcoolique est une complication métabolique grave qui survient généralement après une consommation excessive d’alcool surtout lorsque cette consommation excessive d’alcool est associée à un jeûne prolongé. Plus techniquement, cette complication est due à un déséquilibre entre la production et l’utilisation des corps cétoniques provoquant une acidité élevée dans le sang. Ce trouble est souvent observé chez les personnes qui boivent beaucoup d’alcool sans s’alimenter correctement notamment lors de périodes festives

Quel(le)s sont les causes et/ou éventuels facteurs de risque d’être confronté(e) à cette complication ?

Les principales causes de l’acidocétose alcoolique sont la consommation excessive d’alcool et le jeûne prolongé. L’alcool, en irritant l’estomac, diminue l’appétit et empêche souvent de manger. En l’absence d’aliments, le corps puise son énergie dans les graisses, ce qui entraîne la production excessive de corps cétoniques responsables de l’acidose. Ce déséquilibre provoque une accumulation d’acides dans le sang qu’on appelle un trou anionique élevé.

Quels sont les risques d’aggravation pouvant potentiellement être liés à cette complication au niveau de la personne concernée ?

Dans les formes sévères, l’acidocétose alcoolique peut provoquer un déséquilibre métabolique majeur avec vomissements répétés, déshydratation, baisse de la pression artérielle, confusion voire perte de connaissance. Si l’acidocétose alcoolique n’est pas rapidement prise en charge, cette complication peut mettre en danger la vie du/de la patient(e). Cependant, avec un traitement adapté, l’évolution est généralement favorable.

Pour ne pas en arriver jusque-là, quelle est donc la démarche vous permettant de confirmer une acidocétose alcoolique chez le/la patient(e) ?

Le diagnostic repose sur l’interrogatoire et les analyses sanguines. Le/la patient(e) consulte souvent après une forte consommation d’alcool avec des symptômes comme des douleurs abdominales, des vomissements, une respiration rapide ou une fatigue intense. Le médecin mesure le taux de glucose, de corps cétoniques et le trou anionique dans le sang. Si ce trou anionique est élevé en présence d’une hypoglycémie et d’un contexte d’alcoolisation, le diagnostic d’acidocétose alcoolique est confirmé.

Qu’en est-il de la prise en charge, du traitement et du suivi à ce niveau ?

La prise en charge se fait à l’hôpital. Le traitement consiste à réhydrater le/la patient(e) avec des perfusions, à corriger les déséquilibres métaboliques et à administrer des vitamines pour prévenir les complications neurologiques. Si nécessaire, une correction du taux de glucose est faite. Dans la majorité des cas, l’état du/de la patient(e) s’améliore rapidement.

Quelle(s) attitude(s) faut-il adopter par la personne concernée tout comme l’entourage de cette personne afin de faire face à cette complication ?

La meilleure attitude consiste à consulter rapidement un médecin dès les premiers signes (vomissements, douleurs abdominales, fatigue après une consommation d’alcool). L’entourage doit encourager la personne à se rendre à l’hôpital sans attendre. Pour prévenir cette complication, il faut éviter de boire de l’alcool à jeun, bien s’alimenter avant et après avoir bu et limiter la consommation d’alcool de façon générale.

Interview réalisée par Cédric KOIVOGUI avec Emmanuelle YOMAN

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