Stéatose hépatique: Docteur Nanko Tonda Josué, Médecin : « La stéatose hépatique est souvent une maladie silencieuse, car la majorité des personnes n’ont aucun symptôme, surtout au début.»

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Dans cette interview, Docteur Nanko Tonda Josué revient sur les particularités relatives à la stéatose hépatique. Il profite également de l’occasion pour inciter les un(e)s et les autres à adopter, dès maintenant, les bonnes dispositions afin de limiter les facteurs de risque pouvant potentiellement être associés à cette pathologie.

Docteur, que pouvez-vous d’emblée dire au sujet de la stéatose hépatique ?

La stéatose hépatique encore appelée ‘’maladie du foie gras’’ est une maladie causée par une accumulation anormale de graisses dans les cellules du foie, qui peut être causée par l’alcool ou, plus fréquemment, par des facteurs comme l’obésité, le diabète, l’hypertension et une mauvaise alimentation.

Quels sont les symptômes potentiellement associés à cette pathologie (alcoolique ou non) ?

La stéatose hépatique est souvent une maladie silencieuse, car la majorité des personnes n’ont aucun symptôme, surtout au début. Certaines personnes peuvent quand même ressentir : une fatigue qui persiste, une gêne ou douleur dans la partie supérieure droite de l’abdomen. Aux stades plus avancés (par exemple lors d’une stéatohépatite ou inflammation du foie liée à stéatose ou lorsque des complications apparaissent), on peut avoir: une augmentation du volume du foie, parfois une perte d’appétit, des nausées et dans les formes évoluées, on a des signes liés à la fibrose ou à la cirrhose (mais cela arrive beaucoup plus tard).

Quels sont les éventuels facteurs de risque de développer tous ces symptômes ?

Pour la forme alcoolique, le principal facteur de risque est la consommation excessive et régulière d’alcool. Pour la forme non alcoolique, les facteurs de risque les plus importants sont : le surpoids (surtout abdominal), le diabète ou la résistance à l’insuline, une alimentation très riche en graisses ou en sucres, la sédentarité, les triglycérides élevés, certaines maladies métaboliques. Certaines infections virales comme l’hépatite C peuvent aussi favoriser une stéatose mais ce n’est pas la cause principale dans nos contextes.

Quelle est la démarche vous permettant de confirmer une stéatose hépatique au niveau de la personne potentiellement concernée par cette pathologie ?

Le diagnostic repose principalement sur l’échographie abdominale, qui montre un foie brillant, signe typique de stéatose. L’examen clinique et les antécédents, permettant d’identifier les facteurs de risque. Un bilan sanguin du foie peut être fait pour évaluer l’état du foie. Dans certains cas complexes, des examens plus poussés (Fibroscan, IRM) peuvent être nécessaires mais l’échographie reste l’examen de base en Afrique comme ailleurs.

Qu’en est-il de la prise en charge, du traitement et du suivi ?

Il n’existe effectivement pas de médicament spécifique pour faire disparaître la stéatose. La prise en charge repose sur la correction des facteurs de risque : perte de poids progressive si obésité ou surpoids, activité physique régulière, alimentation équilibrée, arrêt complet de l’alcool pour les formes alcooliques, contrôle du diabète et des triglycérides, la vaccination contre l’hépatite B, si ce n’est pas déjà fait car toute atteinte hépatique supplémentaire fragilise encore plus le foie, un suivi médical régulier, surtout si une inflammation ou une fibrose est détectée. Lorsque ces mesures sont appliquées, la stéatose peut régresser de manière très importante.

Pour ne pas en arriver là, que faut-il donc faire afin d’éviter le fait d’être confronté(e) à cette pathologie ?

Pour prévenir la stéatose hépatique, il est recommandé d’avoir une alimentation équilibrée, pauvre en sucres rapides et en graisses dites saturées, éviter ou réduire fortement la consommation d’alcool, faire une activité physique régulière (au moins 30 minutes par jour), maintenir un poids santé, traiter correctement le diabète et les anomalies du cholestérol, faire des contrôles réguliers chez le médecin si l’on a des facteurs de risque.

Interview réalisée par Cédric KOIVOGUI avec Emmanuelle YOMAN

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