Dépenses de santé : la gestion des données en Afrique, enjeu stratégique !

En ce qui concerne la gestion des données sanitaires en Afrique, l’enjeu est surtout d’améliorer la qualité de ces données pour des prises de décisions beaucoup plus éclairées en la matière (Photo : Dr)

La production et l’utilisation de données fiables pour une meilleure gouvernance du financement de la santé en Afrique, tel est l’un des enjeux stratégiques relatifs à un atelier consacré au suivi des dépenses de santé sur le continent. Organisé sous l’égide du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), cet atelier s’est tenu, du lundi 15 au jeudi 18 décembre 2025, à Abidjan.

Ressortant d’une publication mise en ligne le mardi 16 décembre 2025 sur Abidjan.net, un site web Ivoirien d’informations générales, l’atelier relatif au suivi des dépenses de santé en Afrique a réuni les experts nationaux, les décideurs publics, les institutions régionales et les partenaires techniques autour du thème : « Données fiables, décisions éclairées pour de meilleurs investissements sanitaires en Afrique ». L’enjeu majeur étant ainsi d’améliorer la qualité des données sanitaires pour des prises de décisions beaucoup plus éclairées en la matière.

Contexte

Cette initiative intervient dans un contexte marqué déjà par une progression des dépenses de santé sur le continent. Ces dépenses qui sont passées de 55,3 milliards USD à 141,5 milliards USD soit environ 30,9127 milliards de FCFA à 84 900 milliards de FCFA. Cependant, malgré cette évolution, la part de l’Afrique dans les dépenses mondiales de santé demeure marginale (1,4 % en 2022) tandis que les systèmes de santé restent confrontés à de fortes contraintes de financement, une dépendance élevée aux paiements directs des ménages et aux financements extérieurs.

Après avoir souligné l’importance stratégique des comptes de la santé pour orienter les réformes structurelles du financement sanitaire, Professeur Mamadou Samba, directeur général de la Santé représentant Pierre Dimba, ministre de la Santé, de l’hygiène publique et de la couverture maladie universelle de Côte d’Ivoire, a profité de cette occasion pour rappeler la nécessité d’aller au-delà de la simple production des comptes en engageant des réformes durables capables d’améliorer la soutenabilité et l’équité des systèmes de santé.

Quant au Docteur Jean Kaseya, directeur général d’Africa CDC, il a insisté sur le rôle central des données administratives de santé dans la prise de décision publique. Après avoir mis en évidence les limites actuelles liées à l’indisponibilité de données actualisées et exploitables en temps réel, freinant ainsi les réponses rapides face aux urgences sanitaires, il a par la suite indiqué que la modernisation, la gouvernance et l’intégration des systèmes de données constituent des leviers essentiels pour accélérer la couverture sanitaire universelle en Afrique.

S’inscrivant dans une dynamique continentale portée par Africa CDC en collaboration avec Statafric, la Commission de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa), l’Organisation mondiale de la santé (Oms) ainsi que d’autres partenaires avec pour ambition de poser les bases d’une transformation durable des systèmes d’information et de décision en matière de santé en Afrique, cet atelier a surtout accordé une attention particulière aux dépenses directes des ménages (OOP). Et ce, dans l’optique de renforcer davantage les capacités des pays à produire, aligner et utiliser de manière systématique les données de financement de la santé.

Cédric KOIVOGUI

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