
Arrivé quasiment dans la précipitation à Abidjan avec toute sa famille à cause de la crise sociopolitique Ivoirienne de 2002, c’est juste cinq (6) ans plus tard qu’il a finalement décidé, de manière commune avec l’un de ses meilleurs amis de l’époque, d’arrêter de fumer la cigarette. Belle résolution prise le 1er Janvier 2008 à minuit à l’occasion du réveillon pour le nouvel an mais uniquement pour la cigarette car les boissons alcoolisées de toute sorte, il a continué d’en prendre même jusqu’à une très récente période…
Pour Annie, le fait que son père ait été diagnostiqué d’une hypertension artérielle puis d’un diabète de type 2 quelques mois après la fin de l’épidémie de la Covid-19 en 2020 ne l’a pas vraiment empêché de continuer à consommer, la plupart du temps, avec ses fréquentations dans le quartier, toutes sortes de boissons bien souvent très alcoolisées. « Le fait de le voir rentrer à la maison complètement sous l’effet de ces boissons pas tout le temps en semaine mais bien souvent très tard en soirée les week-ends devenait une chose assez difficile à supporter non seulement pour mon frère et ma sœur mais surtout pour ma mère », révèle cette cadre de banque avant de préciser que dans cet état, Arnaud, son père était aussi d’une attitude nerveuse lorsqu’il était à chaque fois sous l’effet de ces boissons alcoolisées.
Tension
Du coup, cette irritabilité peut être liée à cet état de fait rejaillissait sur sa vie de couple voire sur sa vie de famille de manière globale. « Quand il rentrait à la maison, la moindre petite remarque sur son éventuel état d’ébriété provoquait ainsi des disputes à n’en point finir aussi bien avec ma mère comme avec mon frère et/ou ma sœur », poursuit cette mère de quatre (4) enfants à la quarantaine révolue tout en indiquant qu’il a fallu le fait qu’il soit en proie, ces récentes années, à des complications métaboliques liées précisément à son cas pour qu’il puisse revenir à la raison. Peut être sauvé in extremis par la Divine Providence pour Arnaud, cet ingénieur mécanique septuagénaire à la retraite mais cela n’a pas été forcément évident pour Mélanie qui a connu pareille situation, à quelques nuances près, avec son père, depuis bon nombre d’années maintenant.
Addiction
C’est le mot qu’elle utilise déjà pour traduire précisément le cas de son père avant de souligner le fait que son état s’est relativement dégradé en septembre 2021 à cause de cette même addiction aux boissons alcoolisées. Inutile de préciser que la dégradation relative à son état se percevait même à vue d’œil. « Ses yeux étaient de couleur jaune, il avait le ventre gonflé et il souffrait aussi des problèmes de transit mais malgré cela, c’est à force pour nous de s’inquiéter pour son cas qu’il a décidé, sans gaieté de cœur, de se rendre à l’hôpital », indique Mélanie tout en précisant qu’il ne voulait surtout pas se confier aux médecins par rapport à son état.
Déni
« Il leur mentait ! Du coup, ma mère, ma sœur et moi, étions finalement sollicitées pour avoir les vraies versions et sa véritable consommation (…) après le diagnostic d’une éventuelle hépatite alcoolique, craignant le fait qu’il soit confronté à une complication liée à son cas à la longue, ils lui ont finalement proposé un sevrage complet mais quelques semaines plus tard, rebelote car il n’a pas pu tenir le coup », appuie cette institutrice de profession avant d’indiquer le fait qu’elle est de plus en plus inquiète par rapport au statut d’Edgar, son père. « Au début de sa cure, il continuait de boire en cachette mais c’est de moins en moins le cas surtout actuellement. En plus, il devait se faire suivre par un psychologue mais il n’y honore pas ses rendez-vous-même s’il continue de nous faire croire le contraire. C’est à croire finalement qu’il attend de nous quitter (…) je ne sais pas comment gérer cette situation et pire, j’ai peur que ma mère m’appelle un jour pour me dire qu’elle l’a retrouvé étendu et inerte à même le sol » se préoccupe finalement cette mère de deux (2) enfants à la trentaine révolue.
Difficile
Du côté d’Anita, diagnostiquée d’une hépatite alcoolique il y a quelques années de cela, le sevrage complet reste la solution la plus compliquée à mettre en œuvre en ce qui concerne précisément cette pathologie surtout lorsque l’addiction aux boissons alcoolisées est avérée. « J’ai 38 ans et cela fait un bon bout de temps maintenant que j’ai un problème avec l’alcool (…) bref, je me rends compte que je n’ai pas le choix. Si je veux être en forme totalement, je sais que je dois arrêter de boire longtemps, au moins quelques années et entamer une thérapie même si dans le contexte actuel, cela me semble encore plus difficile à faire » conclut cette cadre du domaine de l’humanitaire à l’approche de la quarantaine d’âge.
Emmanuelle YOMAN avec Jean-Paul DEMOUSS