
Dans cette interview, Docteur Nanko Tonda Josué donne de plus amples précisions sur l’hépatite alcoolique. Il exhorte également les un(e)s et les autres à prendre dès maintenant conscience des risques pouvant potentiellement être associés à cette pathologie de manière globale.
Docteur, de manière simple, qu’est-ce qu’une hépatite alcoolique ?
De manière simple, l’hépatite alcoolique est une inflammation aiguë ou chronique du foie provoquée par une consommation excessive et prolongée d’alcool. Le foie étant l’organe principal chargé de métaboliser l’alcool et d’éliminer les toxines, une exposition répétée à l’alcool entraîne des lésions des cellules hépatiques, responsables de cette inflammation.
Quels sont donc les signes pouvant potentiellement être liés à cette pathologie ?
Dans de nombreux cas, l’hépatite alcoolique peut être peu symptomatique ou passer inaperçue au début. Cependant, cette inflammation survient souvent sur un foie déjà fragilisé par une stéatose hépatique liée à l’alcool. À des stades plus avancés, des signes cliniques peuvent apparaître comme un ictère (coloration jaune de la peau et des yeux), des douleurs de l’hypochondre droit, une fatigue importante, une perte d’appétit ainsi qu’une élévation des enzymes de foie et de la bilirubine lors des examens biologiques.
Quels sont les éventuels facteurs de risque d’être confronté(e) à de tels signes ?
Le principal facteur de risque est la consommation excessive et prolongée de boissons alcoolisées car l’alcool est métabolisé par les cellules du foie. Lorsque les capacités de détoxification du foie sont dépassées, des lésions apparaissent. D’autres facteurs peuvent aggraver le risque comme la malnutrition, l’obésité, le sexe féminin ainsi que la présence d’une autre maladie du foie comme une hépatite virale chronique.
Si rien n’est fait à temps pour les circonscrire au plus vite, quelles sont les complications pouvant résulter de tous ces signes ?
En l’absence de prise en charge précoce, l’hépatite alcoolique peut évoluer vers une altération sévère et progressive de la fonction du foie. Cette situation peut conduire à une insuffisance hépatique aiguë ou chronique, à une fibrose puis à une cirrhose du foie, augmentant considérablement le risque de complications graves telles que l’ascite, les hémorragies digestives, l’encéphalopathie hépatique et le cancer du foie.
Pour ne pas en arriver là, quelle est donc la démarche vous permettant de confirmer une hépatite alcoolique au niveau de la personne potentiellement concernée par cette pathologie ?
Le diagnostic repose avant tout sur l’interrogatoire mettant en évidence une consommation excessive et récente ou chronique d’alcool, associée à des signes cliniques et biologiques évocateurs d’atteinte du foie. Les examens biologiques montrent généralement une élévation des enzymes hépatiques, notamment des transaminases ainsi que des troubles de la coagulation. Il est aussi essentiel d’éliminer d’autres causes d’hépatite telles que les hépatites virales ou médicamenteuses, afin de confirmer le diagnostic.
Qu’en est-il de la prise en charge, du traitement et du suivi à ce niveau ?
La prise en charge de l’hépatite alcoolique repose principalement sur l’arrêt strict et définitif de la consommation d’alcool, qui constitue la mesure la plus efficace. Il n’existe pas de traitement médicamenteux curatif spécifique mais une prise en charge globale est indispensable. Cette prise en charge implique un soutien nutritionnel adapté, l’arrêt des substances toxiques pour le foie comme certains médicaments ou la pharmacopée traditionnelle ainsi qu’un suivi médical régulier afin de prévenir les complications.
A un tel niveau, quelles attitudes doivent adopter la personne concernée tout comme l’entourage de cette personne afin de faire face à cette situation ?
La personne atteinte doit impérativement arrêter la consommation d’alcool et éviter toute substance pouvant agresser le foie. Le soutien de la famille et de l’entourage est essentiel pour accompagner cette démarche, tant sur le plan psychologique que social. Une bonne information sur les risques liés à la consommation d’alcool permet également de renforcer la prévention et d’éviter l’aggravation de la maladie.
Interview réalisée par Cédric KOIVOGUI avec Emmanuelle YOMAN