Hernie : Docteur Nanko Tonda Josué, Médecin : « Il n’est pas toujours possible d’empêcher totalement l’apparition d’une hernie, mais certaines mesures réduisent le risque.»

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Dans cette interview, Docteur Nanko Tonda Josué établit le distinguo entre les différents types d’hernie. Il en profite pour inciter les un(e)s et les autres à ne négliger aucun signe pouvant être potentiellement lié à cette affection.

Docteur, que pouvez-vous d’emblée nous dire au sujet de la hernie ?

Une hernie correspond au passage d’un organe ou d’une partie d’un organe à travers une zone de faiblesse de la paroi qui le contient normalement. Le plus souvent, il s’agit d’une hernie de la paroi abdominale, comme la hernie inguinale, ombilicale ou de la ligne blanche.

Il est important de préciser que la hernie discale est une maladie différente. Cette maladie correspond à la sortie d’une partie d’un disque intervertébral au niveau de la colonne vertébrale. De même, la hernie hiatale correspond au passage d’une partie de l’estomac à travers le diaphragme vers le thorax.

Quels sont les signes potentiellement associés à ces différents types d’hernie ?

Pour les hernies de la paroi abdominale, le signe le plus fréquent est l’apparition d’une boule ou tuméfaction, surtout lors des efforts, de la toux ou du port de charges lourdes. Cette boule est souvent indolore au début ; réductible c’est-à-dire qu’elle peut rentrer spontanément ou sous une légère pression ; parfois accompagnée d’une sensation de gêne ou de pesanteur.  Une douleur importante ou brutale peut faire suspecter une complication.

Pour la hernie hiatale, les symptômes sont plutôt : brûlures derrière le sternum ; reflux acides ; régurgitations ;  parfois difficultés à avaler.  Pour la hernie discale, les symptômes sont liés à la compression nerveuse : douleurs lombaires ou cervicales ; sciatique ; fourmillements ; faiblesse musculaire dans certains cas

Quel(le)s les causes et/ou éventuels facteurs de risque liés à ces signes pour chacun de ces types d’hernie ?

Les hernies apparaissent lorsqu’il existe une faiblesse de la paroi associée à une augmentation de la pression à l’intérieur de l’abdomen. Les principaux facteurs de risque sont : le port répété de charges lourdes ;  la constipation chronique ; la toux chronique ; l’obésité ; la grossesse ; certains efforts physiques importants ; l’âge ; les antécédents chirurgicaux.

Contrairement à ce qui est parfois pensé, la hernie hiatale n’est pas toujours congénitale. Ce type d’hernie est souvent acquis avec l’âge et favorisé par l’obésité ou l’augmentation de la pression abdominale. Concernant la hernie discale, elle est liée à l’usure des disques intervertébraux, au vieillissement, aux traumatismes ou aux efforts répétés.

Quelles sont les complications qui peuvent en résulter si rien n’est fait à temps pour les circonscrire rapidement ?

La complication la plus redoutée des hernies abdominales est l’étranglement herniaire. Dans cette situation, l’organe coincé dans la hernie ne reçoit plus suffisamment de sang. Cela provoque : une douleur intense ; une hernie qui devient dure et irréductible ; des nausées ou vomissements ; parfois une occlusion intestinale. Sans traitement rapide, une partie de l’intestin peut se nécroser.

Les hernies hiatales peuvent entraîner un reflux gastro-œsophagien chronique et parfois une inflammation de l’œsophage.

Les hernies discales peuvent provoquer des douleurs persistantes, des troubles neurologiques.

Pour ne pas en arriver là, quelle est la démarche vous permettant de confirmer qu’une personne est potentiellement en proie à chacun de ces types d’hernie ?

Le diagnostic repose d’abord sur l’examen clinique réalisé par un médecin. Dans la plupart des hernies abdominales, l’examen suffit pour poser le diagnostic. Selon les cas, des examens complémentaires peuvent être demandés : échographie ; scanner ;  IRM pour les hernies discales ; endoscopie digestive ou imagerie pour certaines hernies hiatales.

Pour les hernies abdominales symptomatiques, le traitement définitif est généralement chirurgical. Chez certains jeunes enfants présentant une hernie ombilicale, une surveillance peut être proposée car une fermeture spontanée est possible avant l’âge de 4 à 5 ans.

Que faut-il faire afin d’éviter d’être confronté(e) d’une façon comme une autre à chacun de ces types d’hernie ?

Il n’est pas toujours possible d’empêcher totalement l’apparition d’une hernie, mais certaines mesures réduisent le risque : éviter les efforts excessifs ; adopter de bonnes techniques de levage ; traiter la constipation chronique ; traiter une toux persistante ; maintenir un poids sain ; consulter rapidement en cas d’apparition d’une boule ou de douleurs inhabituelles.

En cas de hernie déjà diagnostiquée, il est important de consulter un(e) chirurgien(ne) afin d’évaluer le risque de complication et de déterminer le meilleur moment pour une éventuelle intervention. La plupart des opérations donnent d’excellents résultats.

Interview réalisée par Cédric KOIVOGUI avec Emmanuelle YOMAN

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